Professeur des Universités et Directeur honoraire de la Section Médicale de l'Institut Curie
"Le cancer de la prostate, doit-on en avoir peur ? "
Première partie Interview de l'invité
Début de lecture audio à 0m00 Présentation
Début de lecture audio à 3m45 Pouvez vous nous présenter votre ouvrage 100 questions/réponses sur le cancer de la prostate ?
Début de lecture audio à 4m27 Quels sont actuellement les chiffres du cancer de la prostate en France ?
Début de lecture audio à 5m57 Sur quels points faut il éclairer en priorité le public ?
Début de lecture audio à 9m03 Pouvez vous faire un point sur les différents traitements du cancer de la prostate et les dernières avancées médicales ?
Début de lecture audio à 11h00 Pouvez dire quelques mots sur l'hormonothérapie ?
Début de lecture audio à 12h25 Utilité du dépistage ?
Début de lecture audio à 13m51 N'est il pas difficile pour un homme de parler de sa maladie ?
Début de lecture audio à 15m29 Pensez vous qu'une manifestation comme Octobre Rose puisse être possible pour le cancer de la prostate ?
Début de lecture audio à 17m05 Pause musicale
Deuxième partie Questions des auditeurs
Début de lecture audio à 0m00 Questions des auditeurs
Début de lecture audio à 0m33 Que signifie, avoir un bon ou un mauvais PSA ?
Début de lecture audio à 02m50 Quels sont les symptômes pouvant faire faire craindre un cancer de la prostate ?
Début de lecture audio à 03m48 A partir de quel âge se faire dépister ?
Début de lecture audio à 05m30 Ou dois je aller pour me faire dépister et en quoi consite un dépistage ?
Début de lecture audio à 06m31 J'ai un mauvais taux de PSA, est ce que cela peut indiquer un cancer ?
Début de lecture audio à 07m39 Quels sont les effets secondaires de la radiothérapie
Début de lecture audio à 12m10 Quel est le lien entre l'orientation sexuelle et le cancer de la prostate ?
Début de lecture audio à 13m11 Nombre d’interventions et compétences du médecin
Début de lecture audio à 14m33 Odile sur le plateau : Y a t'il un terrain familial de la prostate ?
Début de lecture audio à 15m46 Quel est l'impact de l'alimentation sur le cancer de la prostate ? Référence à David Servan-Schreiber
Début de lecture audio à 18m00 Appel en direct de Françoise Sellin, coordinatrice du Ruban de l'Espoir, en direct de Lyon , dernière étape de ce tour de France
Début de lecture audio à 23m02 Le cancer de la prostate est il moins dangereux que le cancer du sein ou plus tabou ?
Début de lecture audio à 23m58" Conclusion du Professeur Jean Pierre Camilleri.
Le cancer de la prostate, pourquoi faut-il en parler ?
Le mois d'octobre s’est paré de rose et est devenu à travers le monde le rendez-vous d'une vaste campagne de mobilisation pour la lutte contre le cancer du sein. Il faut saluer cette mobilisation en faveur d’une cause qui concerne au premier plan la santé publique, mais il ne faudrait pas oublier les hommes et l’épée de Damoclès que représente pour eux le cancer de la prostate. On en détecte 60 000 nouveaux cas par an et il tue encore près de 10 000 personnes, soit deux fois plus que les accidents de la route. Ces chiffres sont en passe d’en faire le cancer le plus fréquent, tous sexes confondus. Sans doute la résultante principalement de l’augmentation spectaculaire de l’espérance de vie. Trois fois sur quatre il s’agit d’hommes de plus de 60 ans, mais des hommes plus jeunes peuvent être touchés, notamment en cas d’antécédents familiaux. Oui, il faut en parler, car les hommes, quand ils ont passé l’âge des performances, parlent peu de leur intimité, et les symptômes susceptibles de les alerter se confondent le plus souvent avec ceux de l’hypertrophie bénigne de la prostate. La bonne nouvelle est que le cancer de la prostate reconnu à son début, c'est-à-dire quand il est encore cantonné à la glande, guérit neuf fois sur dix. Et seule l’association du toucher rectal pratiqué par le médecin et le dosage du PSA, cette substance fabriquée presqu’exclusivement par les cellules prostatiques, peut permettre de reconnaitre le cancer à ce stade. Il n’existe pas en France de dépistage de masse organisé, mais la plupart des urologues le préconise à titre individuel à partir de 50 ans, 45 ans quand il y a des antécédents familiaux (deux parents proches atteints). Une fois le diagnostic fait, la chirurgie reste le traitement de référence mais il faut savoir que d’autres techniques existent, plus respectueuses des fonctions urinaires et sexuelles, comme l’implantation dans la glande de grains radioactifs, les rayons de haute précision, voire les ultrasons focalisés de haute intensité, et que ces techniques alternatives peuvent se prévaloir de résultats comparables à la chirurgie. Le choix de la bonne stratégie se fera avec vous, non seulement sur les données médicales, mais aussi sur votre âge, l’analyse, pour chacune des stratégies, des avantages et des inconvénients, la manière dont vous vivez votre intimité, votre vécu personnel, votre famille, votre environnement social. Le médecin néglige encore trop souvent l’individu et son entourage. Vous devez être associé à la décision. Pour cela, il faut garder la tête froide. Que vous soyez directement touché, ou qu’il s’agisse d’un parent, d’un ami, c’est parce que vous serez mieux informé que vous pourrez mieux faire face à la situation, soit pour vous-même soit comme accompagnant. Pour tous ceux qui ont vécu ou partager les moments de peine, d’angoisse, de frustration, de colère mais aussi d’espoir, qui accompagnent l’annonce du diagnostic, les différentes phases du traitement, les effets secondaires, ont le devoir d’informer et d’expliquer. Il ne faut pas avoir peur de savoir. C’est l’ignorance qui est pourvoyeuse de détresse. C’est à cette tâche que se sont attelés deux spécialistes américains, les docteurs Pamela Ellsworth et John A. Heaney dans un ouvrage intitulé « 100 Questions-Réponses sur le cancer de la prostate ». Un ancien malade Cliff Gill y apporte son vécu personnel. Le Pr Jean-Pierre Camilleri, directeur médical honoraire de l’Institut Curie à Paris, a traduit et adapté ce livre aux spécificités françaises et le Pr Jean-Marc Cosset, du département de Radiothérapie de l’Institut Curie, en a signé la préface. Ce livre a pour ambition de vous éclairer. Il rassemble des points de vue de médecins et de patients en apportant des réponses détaillées aux questions médicales, psychologiques et sociales que l’on n’ose pas toujours poser. À travers ses différentes questions, l’ouvrage traite de nombreux sujets : dépistage, diagnostic, options de traitement, qualité de vie, conséquences sur l’intimité et la vie sociale... Jean-Pierre Camilleri.
* Prix de l'Information scientifique de l'ACADEMIE DES SCIENCES
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